
Les experts des Nations Unies n’ont pas mâché les mots sur la question d’exécutions extra judicaires lors du 1er jour de l’examen périodique sur les droits de l’homme au Burundi tenu à Genève. « Le Gouvernement est devenu complice de tels crimes à travers le cas de l’ex Commissaire de Police adjoint Michel Nurweze, dit Rwembe », a déclaré l’expert du Comité des droits de l’homme des Nations Unies.
Ces experts des Nations Unies ont montré que la justice n’a pas réussi à charger cette autorité policière de toutes les infractions dans lesquelles il était cité. Ils ont rappelé que la Cour d’Appel de Gitega avait poursuivi ce Commissaire adjoint de Police pour son implication dans l’assassinat de Léandre Bukuru (en Novembre 2011), membre du parti d’opposition Msd, mais aussi que la même autorité avait été poursuivie pour tentative d’assassinat et torture dans d’autres affaires. Ces experts des Nations Unies en droit de l’homme s’étonnent que les témoins à charge n’aient pas pu témoigner à cause d’une absence de protection adéquate pour eux.
«Donc en outre la Cour a acquitté Nurweze pour les charges de meurtre et torture et a changé la tentative de meurtre en lésion corporelle en le condamnant à 3 mois de prison, ceci est un très bon exemple de manque d’enquête impartiale pourtant recommandée par les lois internationales », a précisé l’expert du Comité des droits de l’homme des Nations Unies. Ce comité estime à une soixantaine le nombre de victimes des cas d’exécutions extra judicaires.
Les experts des Nations Unies ont aussi accusé le Gouvernement de ne pas accorder les moyens suffisants à la Commission Nationale des Droits de l’Homme, ce qui entrave son fonctionnement. « Son budget est en baisse depuis sa création en 2011, rendant ainsi difficile l’Independence réelle de cette Commission conformément au principe de Paris », se sont-ils inquiétés.
La ministre de la solidarité nationale et des droits de l’homme qui a représenté le Gouvernement a parlé de contrainte budgétaire pour expliquer cette baisse de moyens destinés au fonctionnement de la CNIDH. Quant à la complicité du Gouvernement dans les cas d’exécutions extra judicaires ; Clotilde Niragira s‘est refusé d’évoquer ce terme d’ « exécution extra judicaire », en parlant d’actes individuels.
« On ne peut pas dire qu’il n’y a pas de volonté politique pour pouvoir réprimer les cas de violations flagrantes des droits de la personne humaine, à la place des cas d’exécution extra judicaire parce que de part la définition internationale, c’est que il n’y a pas de préposés de l’Etat qui sont mandatés pour tuer, pou assassiner », a répondu la ministre Clotilde Niragira.




