L’expert des Nations Unies appelle à la collaboration entre la CVR et la société civile

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    L’expert des nations unies sur les droits de l’homme déplore que la commission vérité et réconciliation n’ait pas intégré les membres de la société civile contrairement aux conclusions découlant des consultations populaires.

    Au cours d’une conférence de presse ce mardi à Bujumbura, Pablo de Greiff a précisé que le fait d’ignorer la société civile pèse sur la commission de 2 façons. D’abord, cela prive la commission des capacités et de l’expertise qui existe clairement au sein de la société civile burundaise, des capacités qui ont été enrichies au fil du temps, avec beaucoup d’efforts, et qui auraient beaucoup apporté au travail de la commission. Ensuite, cela prive la commission d’une motion de confiance et de crédibilité qui nécessite d’être construite.

    « Aucune commission ne peut se permettre de se passer de ces formes de soutien et d’autres formes d’assistance, qui dépendent toutes de la confiance qu’offrent les victimes et les organisation de la société civile », a déclaré Pablo de Greiff.

    Pour cet expert des nations unies, les décisions ultérieures de la CVR doivent montrer une prise de conscience sur la nécessité de gagner sa confiance, d’établir son indépendance de tous les « agendas politiques », de sa volonté à intégrer l’expertise des organisations de la société civile, et de son accès et ouverture envers la société civile en général et aux victimes en particulier, « indépendamment de leur identité ethnique ou affiliation politique ». Pour ce, Pablo de Greiff indique que toutes les parties prenantes, dont les organisations de la société civile ainsi que la communauté internationale ont des raisons de rester vigilantes.

    Cet expert des nations unies a rappelé qu’il y a un sentiment largement répandu qu’il s’agit d’une commission de réconciliation et pour être précis, d’une commission pour le pardon, inquiétude aussi partagée par certaines organisations de la société civile locales. « Mais, il y a une différence entre le pardon et la réconciliation, a-t-il ajouté.

    Il a expliqué que la plupart des commissions de vérité n’ont, en fait, pas eu de lien direct avec la réconciliation. « Même celles qui ont ajouté le mot ‘réconciliation’ dans leur nom, ont été claires sur le fait que leur fonction première était d’établir la vérité et tout potentiel de réconciliation que pouvait avoir la commission dépendrait de sa capacité à fournir un compte rendu détaillé, convainquant, impartial, et fiable des violations qui ont eu lieu ».

    Cet expert des nations unies était en visite au Burundi depuis quelques jours sur invitation du gouvernement pour s’enquérir de l’étape franchie dans la mise en place des mécanismes de justice transitionnelle. Pablo de Greiff a rencontré certaines victimes de violations massives passées,suite aux événements survenus à Bugendana, Gatumba, Itaba, Kimina et Nyambeho.

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