Attaques de Cibitoke : Une famille reconnait son fils « victime d’exécution »

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    {{Aaron Manirampa, ancien combattant du FNL serait parmi les victimes d’une exécution probable des rebelles à Cibitoke au début de l’année. Sa famille, représentée d’ailleurs par son père Tite Barakekeza (voir cette photo contre) vit dans une incertitude et croit que le leur a été tué se basant sur deux photos disponibles sur les réseaux sociaux.
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    Après la diffusion des photos choquantes sur les réseaux sociaux sur l’exécution probable des rebelles qui se seraient rendu à Cibitoke dans les récents affrontements, Tite Barakekeza dit avoir reconnu son fils volatilisé dans la nature depuis 2012.

    « Nous avons vu des photos. L’une montrait Aaron ligoté, tandis que l’autre le montrait déjà mort » raconte Tite Barakekeza qui reconnait être le père de ce jeune homme qui allait avoir 24 ans avec la saison sèche.

    Dans un pays sans peine de mort, Tite, ou Tito comme son voisinage l’appelle, rien ne justifie l’exécution d’un être humain qui s’est rendu aux forces de l’ordre.

    « La famille, bien qu’elle n’a pas assez de force, demande qu’il y ait des investigations approfondies pour savoir qui a tué mon enfant et les autres qui sont morts » et ensuite « savoir dans quel mouvement ils étaient et qui les avaient recrutés » dit Barakekeza.

    Vivant dans une maisonnette donnant la vue sur la Lac Tanganyika, cette famille de 9 enfants encore vivant dit craindre des représailles après cette attaque.

    Cette famille dit avoir foui le foyer depuis 2004 suite aux conflits armés et n’a pas encore regagné son ancien domicile par ce que tout a été détruits, y compris l’ancienne maison à Kiyenzi, en commune Kanyosha.

    D’abord, elle dit que leur fils est parti suite à la crainte de sa sécurité après qu’il ait refusé de collaborer avec les services secrets dans la traque des fidèles de Rwasa Agathon, leader du FNL en 2012.

    « Il avait été sollicité par les agents des renseignements pour les aider à traquer les FNL, mais avait refusé. Il nous a confié cela et on l’a conseillé de ne pas se laisser manipuler » a dit son père.

    {{L’armée s’en lave les mains}}

    Le Porte-parole de l’armée burundaise le Colonel Gaspard Baratuza doute de la crédibilité des photos.

    Avec le développement des technologies, le porte-parole de l’armée croit tout simplement que les images sont actuellement manipulées à telle enseigne que l’on peut mettre la tête su un buste de l’autre et que cela risque même de fausser les pistes des enquêtes.

    Le Colonel Gaspard Baratuza ne croit d’ailleurs pas qu’il y ait eu des gens qui ont filmé ces combats de Cibitoke. Il estime que les conditions n’étaient pas réunies pour un preneur d’image et que les équipes de la communication de l’armée n’ont pas pu faire ce travail suite à la crainte d’être tirée dessus.

    {{Qui est Aaron Manirampa}}

    Une photo disponible sur les réseaux sociaux depuis dimanche ou lundi matin montre un individu assis en tenu militaire visiblement en train d’écouter quelqu’un qui se tenait au dessus de lui. Selon Tito ; c’est la photo d’Aaron Manirampa, son fils de 24 ans.

    « Sa naissance coïncide avec la visite du Pape Jean Paul II au Burundi (en 1990, Ndlr) » dit sa mère Judith Ndarubayemwo 70 ans, visiblement déçue par la mort de son fils qu’elle croyait avoir renoncé à la violence après sa démobilisation.

    Aaron a fait une partie de son école primaire à l’Ecole Primaire de Kamesa et a fini la 5ème primaire et a déserté la classe suivante. Il sera alors enfant soldat au sein du Front National de Libération, FNL dirigé par Agathon Rwasa à l’époque de la rébellion du même mouvement.

    En 2008, il est démobilisé comme d’autres combattants du FNL et va rejoindre son oncle à Rumonge au sud du Burundi pour apprendre un métier de soudure. Il reviendra à Bujumbura avec cette connaissance mais aura des difficultés d’avoir son emploie.

    Après les élections de 2010, les choses changent pour cet ancien combattant. Selon sa famille, les jeunes Imbonerakure du quartier, les agents secrets et certains administratifs vont s’adresser à Aaron Manirampa pour l’aider « à traquer les FNL de Rwasa ».

    Ce jeune homme va refuser et connaitra un manque de stabilité et ne logera plus chez son père car il n’avait pas encore construit sa propre maison.

    Vers 2011, Aaron, sous le concours de sa famille aura un petit capital et choisira le commerce des sachets au marché de Buyenzi connus sous le nom de Marché de Ruvumera en Mairie de Bujumbura.

    Là aussi les choses ne vont pas bien marcher et il sera localisé à Cibitoke, au nord ouest du Burundi en tant que travailleur dans un champ de manioc chez une parenté vers fin 2012.

    Photo Aaron: Outils Sociaux, mais validée par sa famille comme étant autentique

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