
59 jours, c’est le temps qu’il faut pour planter et récolter des haricots dans la plaine de l’Imbo. Ajoutez-y un jour, et vous trouverez le nombre de jours pendant lesquels les carottes sont cuites pour l’auditeur. Médiatiquement parlant. Deux mois que le citoyen burundais est condamné à n’entendre qu’un son de cloche. Ce 14 juillet, la famille des journalistes burundais commémorent deux mois de destruction des principaux médias indépendants. Le 14 mai 2015 reste et restera donc une triste date dans la mémoire des radios Isanganiro, RPA, Bonesha FM et la Radiotélévision Renaissance, détruites par des hommes en tenue policière. Un jour avant, la Radiotélévision Rema avait été elle aussi attaquée. Elle aussi éteinte depuis.
Les décombres des anciens sièges de ces médias sont depuis lors gardés assiégés et interdits d’accès par la police. Aucun journaliste de ces médias n’est autorisé à accéder à ces lieux. Le Procureur de la République n’en donne l’ordre le 19 mai 2015 au Directeur Général de la police, explique que c’est pour des raisons d’enquête judiciaires.
Au-delà de cette destruction et de l’interdiction d’accès aux locaux de ces médias, la sécurité des journalistes est mise à rude épreuve en mal. Les intimidations proférées à l’endroit de certains d’entre eux les ont contraints à s’exiler, alors que les autres vivent dans la clandestinité. Conséquence: le pluralisme médiatique n’est plus. Les rumeurs font place à l’information, véhiculées par les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille.
Aujourd’hui, la pluralité de l’information n’est plus. Les rumeurs font place à l’information. Les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille gagnent du terrain.
En marge des négociations entre le gouvernement et l’opposition, début juin 2015, le Ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana avait annoncé la réouverture imminente des médias fermés. Cela étant, la présidence de la république a déclaré sur les médias internationaux que les médias victimes de l’attaque du 14 mai vont bientôt rouvrir. Jusqu’ici, les actes n’ont pas été joints aux paroles. La question est de savoir à qui profite cette loi de l’omerta.



