Ce vendredi, 13 personnes ont été relâchées des cachots du Service National des Renseignements sur requête de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’homme au Burundi.
Le Secrétaire et Porte-parole de la CNIDH se dit satisfait de la libération de ces détenus, dont certains sont des jeunes, d’autres d’un âge certain. D’après lui, c’est grâce au plaidoyer de la Commission que ces personnes ont recouvré la liberté. Ernest Nyabenda indique que genre d’activité s’inscrit dans le cahier de charges de la CNIDH.
Il explique que ces personnes libérées avaient déserté des groupes rebelles qui opèrent sur le territoire de la République Démocratique du Congo et qu’elles ont été ramenées au Burundi par l’armée congolaise. Après cette libération, la CNIDH va les accompagner jusque dans leurs familles et va sensibiliser leurs voisins sur la cohabitation pacifique et sur la consolidation de la paix.
Une de ces personnes nous a dit qu’elle a été kidnappée au mois de juin un certain soir à Buringa dans la commune de Gihanga de la province de Bubanza par des hommes armés qui les ont conduits jusqu’à Rwanga près de Kiliba en RD Congo. Nzambimana Ernest, 24 ans, travaillait à Gihanga; mais il est natif de la zone et commune Ngozi. Selon son témoignage, les ravisseurs étaient des rebelles dirigés par Aloys Nzabampema, déserteur de l’armée burundaise. Ils feraient des navettes entre la plaine de la Rusizi et les montagnes qui surplombent cette plaine.
Nzambimana Ernest souligne qu’ils ont appris à manier des armes : « Durant la période de ravissement on nous apprenait les exercices paramilitaires la journée, et la nuit nous allions chercher des vivres dans les champs des Congolais ». Il a ajouté que ces rebelles passent pour de grands croyants. Ainsi, Nzabampema aurait, à côté du grade de général, pris le titre de pasteur qui reçoit des révélations divines.
Nzambimana fait savoir qu’il a déserté alors qu’avec ses compagnons il déplaçait des vivres et des équipements du groupe : la nuit il y avait une “révélation divine” d’une probable attaque des militaires congolais. La journée, il s’est rendu aux militaires congolais qui l’ont emprisonné avant de le confier aux militaires burundais.
Il précise alors qu’il a fait un mois deux semaines au camp Muha à Bujumbura avant d’être remis au Service National des Renseignements. Ce vendredi il venait de totaliser environ 3 semaines de détention au SNR




