Enfin , les commissaires de la CVR, mais…

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    Le parlement burundais a choisi ce mercredi Mgr Jean Louis Nahimana, Mgr Bernard Ntahoturi et Clotilde Niragira comme respectivement président , vice-président et secrétaire de la CVR. Le choix des 11 commissaires membres de la CVR avait été boycotté par des organisations de la société civile et le parti Uprona .

    Après une réunion en aparté, les députés entrent dans la salle des congrès de Kigobe . Difficile de savoir si les sous mains dont ils s’étaient munis et sur lesquels étaient inscrits les noms des candidats auraient fait objet de consensus entre les députés pendant cette réunion qui a duré plus de 2 heures.

    Vers les 11 heures de l’avant midi en effet,les députés entrent dans la salle. Certes le choix de ces commissaires est une question d’ampleur nationale mais les députés ne semblent pas tellement stressés à l’instar de la votation des lois d’une telle importance comme on l’a vu dans le passé pour la loi fondamentale. Un député nous dira d’ailleurs que ” le travail technique a pris fin et qu’il reste un travail politique”.

    Le président de l’Assemblée Nationale entre dans la salle comme d’habitude. Il indique les modalités qui seront mises en avant dans le choix de ces commissaires de la CVR notamment la moralité du candidat.

    Le temps d’écouter ces personnes arrive. Père Désiré Yamuremye et Me Didace Kiganahe manifestent leur joie aux députés en souriant. Etaient – ils au courant qu’ils allaient être choisis ? Le temps nous a donné raison plus tard.

    Les députés n’émettent pas tellement de critiques après avoir écoutés les motivations qui les ont poussés à ambitionner aux postes de commissaires de la CVR. Jean Minani seulement dit : « Mais nous savons vos appartenances politiques », c’est-à-dire une manière implicite de dire que la plupart sinon tous sont des membres du CNDD FDD.

    Après ces 2 heures de « fausse campagne de propagande des 33 personnes au poste de commissaires de la CVR », l’occasion tant attendu arrive. Les députés font entrer ces candidats pour qu’ils observent de leurs yeux le déroulement du choix des commissaires. Ils procèdent au vote.

    {{Un désordre voulu }}

    La liste des 33 candidats a été élaborée en désordre. Lorsque le moment du vote arrive, les noms des candidats qui étaient premiers sur les listes sont aussi les personnes qui vont être choisies.

    C’était une manière malicieuse d’aider les députés surtout ceux du CNDD FDD à voter sans risques de se tromper ? On ne sait pas. Seulement outre cette facilité à repérer ces noms, les députés se sont munis de sous mains dont ils se servaient pour choisir ces personnes.

    Le député Gloriose Gahimbare s’était muni de ce bout de papier pour choisir ces personnes. Sur ce bout de papier en photo , on pouvait facilement lire les noms de Jean Louis Nahimana et Bernard Ntahoturi comme respectivement Président et Vice président et bien d’autres noms.

    Les 8 qui restent sont Père Désiré Yamuremye, Didace Kiganahe, Libérate Nicayenzi , Mgr Antoine Pierre Madaraga, Mgr Onésiphore Nzigo, Pascasie Nkinahamira, Clotilde Bizimana et Sheikh Al Shabani

    {{L’Uprona et la société civile, enfants mal aimés de la CVR}}

    4 personnes parmi les 11 commissaires de la CVR sont de l’ethnie Tutsi, les 6 autres sont d’ethnie Hutu tandis que la seule qui reste est une femme d’ethnie Twa. Les provinces du pays sont tous représentées du moins selon les régions sauf que Bujumbura Mairie, Kayanza et Gitega sont représentés deux fois.

    Cependant, cette cérémonie a été boycottée par le groupe parlementaire Uprona. Les députés François Kabura et André Ndayizeye , tout en en faisant partie sont dans la salle. Le premier serait entré dans la salle des congrès de Kigobe pour des raisons plus politiques selon le député Yves Sahinguvu.

    ‘’Si on le fait sortir du bureau de l’Assemblée Nationale, il aura inéluctablement un remplaçant en la personne d’André Ndayizamba voilà pourquoi nous l’avons laissé entrer dans la salle des congrès pour au moins voter non’’, a-t-il souligné.

    La commission ad hoc du parlement qui avait été mise en place par décret présidentiel avait eu 725 dossiers à dépouiller. La société civile et le parti Uprona n’avaient cessé de décrier la CVR, depuis la promulgation d’une loi la régissant jusqu’aujourd’hui au choix des commissaires.

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