Bujumbura : Que devient le prochain round d’Arusha?

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    Après la récente visite du facilitateur B. William Mkapa dans le dialogue inter burundais à Bujumbura, l’opposition radicale et certaines organisations de la société civile récusent ce délégué de la communauté est africaine. Il est accusé de tourner la page de la vraie intrigue de la crise burundaise et le taxent de partialité, une récusation que la présidence qualifie de sans effet.

    Dans une conférence de presse que le facilitateur a animée après son séjour à Bujumbura, Benjamin Mkapa a indiqué que la question de “3ème mandat” du président Pierre Nkurunziza est dépassée. Pour lui, il ne reste qu’à se préparer pour les élections de 2020. Ce mandat est légitime a renchérit le facilitateur à l’aéroport internationale de Bujumbura.

    Du discours du facilitateur, les opposants réunis au sein de la plateforme de l’opposition en exil Cnared, disent ne plus reconnaitre Benjamin Mkapa comme médiateur dans le conflit burundais, Le Cnared estime que le médiateur met fin à sa mission en niant la nature du conflit burundais qui éclaté fin Avril 2015. Cette plateforme dont la majorité des initiateurs côtoie l’Occident, c’est le troisième mandat qui fait l’objet des pourparlers inter burundais d’Arusha.

    Le discours est audible dans les oreilles du gouvernement de Bujumbura.
    A la présidence de la République du Burundi, on perçoit la récusation du médiateur par le cnared comme un non événement, une récusation sans effet. Willy Nyamitwe, conseiller principal en communication à la présidence explique que le retrait du Cnared ne va rien changer dans le processus du dialogue. Un processus tel qu’initié et piloté par la sous région ne peut pas être perturbé par une coalition qui n’a jamais été invitée dans ledit dialogue et qui n’est pas reconnue par la loi au Burundi, a martelé Willy Nyamitwe.

    Le discours du médiateur fait bouger la société civile. Une partie des organisations de la société civile ont été radiées par le ministère burundais de l’Intérieur alors que les autres ont été temporaire suspendues. Elles taxent le facilitateur Mkapa de partialité. Au nombre de douze, elles avancent l’idée selon laquelle, à travers son discours, il s’est manifesté des arguments visant à légitimer le pouvoir de Bujumbura en sous-estimant une partie prenante au conflit burundais. Malgré une sanction qui pèse contre elles, ces organisations projettent déjà la démission du facilitateur au profit des Nations Unies pour prendre ses responsabilités pour le bon processus du dialogue.

    De ces positions politiques controversées jaillit une lumière mais prématurément prononcées. Selon Tatien Sibomana, un homme opposant, il faudrait attendre le prochain rendez- vous à Arusha pour pouvoir juger la position du médiateur B.William Mkapa.

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