Les médias privés ont claqué la porte pour le soutenir

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    Tous habillés en noir, quatre directeurs des radios privés ont boycotté une séance de préparation de la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Burundi que le ministère de la communication et des relations avec le parlement avait organisée à leur endroit ce jeudi , en signe de protestation contre la peine à perpétuité que le tribunal de grande instance de Cankuzo a prononcée ce mercredi contre le journaliste de Radio Bonesha et correspondant de Radio France internationale .

    Patrick Nduwimana, directeur de la Radio Bonesha FM rappelle que Hassani Ruvakuki avait été arrêté par les agents du service national des renseignements burundais après qu’il ait tendu le micro aux membres des FRD-Abanyagihugu, un groupe armé qui se déclarait «mouvement rebelle».

    Ce jugement a été accueilli avec stupéfaction par les responsables des médias ce jeudi. Pour exprimer leur mécontentement sur l’issue de ce procès qu’ils qualifient de parodie de justice, ils se sont rendus dans cette rencontre de préparation de la célébration du cinquantième anniversaire mais ont vidé les lieus. Chacun d’eux a exprimé les motifs de son départ en signe de mécontentement.

    Le directeur de la radio Isanganiro, Vincent Nkeshimana, qui est aussi président de l’Association Burundaise des Radiodiffuseurs, ABR, a dit qu’au regard de la prononciation d’une peine injuste à perpétuité contre un confrère, il ne s’avère pas du tout important de continuer à suivre les activités du cinquantenaire. Il a directement quitté la salle de réunion.

    {{ Le directeur de la RPA lui a emboité le pas}}

    Eric Manirakiza a dit que les médias suivent les actions du gouvernement. « Nous avions demandé au gouvernement de trouver une issue pour que Hassan Ruvakuki ne soit pas injustement incarcéré, mais le jugement qui a été prononcé contre lui justifie l’absence de justice au Burundi. «Je juge qu’il ne s’avère plus important de rester ici», a-t-il dit avant de quitter la salle.

    Innocent Muhozi, directeur de la radio télévision Renaissance a de sa part dit qu’au regard du jugement qui a été prononcé contre Hassani Ruvakuki, «l’on serait tenté de croire que nous sommes encore à la période des dictateurs de renoms que l’Afrique a connus comme Mobutu et Iddy Amin; à cause d’une catégorie de personnes qui sème la pluie et le beau temps, ce procès aura été significatif de parodie de justice ».

    Il a indiqué que, suite à cette absence de justice, les médias vont initier une série d’activités pour inciter les décideurs burundais à revoir cette décision. A partir d’aujourd’hui, les médias ne vont plus suivre les activités relatives au cinquantenaire.

    Seuls les journalistes de la radio nationale, Rema Fm et le personnel du Conseil National de la Communication, CNC, sont restés dans la salle.

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