Burundi : bye-bye Arusha ? s’interroge Crisis Group

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    « Burundi : bye-bye Arusha ? » est un nouveau rapport de International Crisis Group, qui vient d’être publié simultanément en Belgique et au Kenya tire la sonnette d’alarme sur l’état des choses actuelles au Burundi.

    Selon ce rapport « la situation se détériore au Burundi, pays auparavant considéré comme un modèle de résolution des conflits, et les violences commises par le parti au pouvoir et par l’opposition menacent la stabilité ».

    Ce rapport démontre que la mainmise du parti au pouvoir sur les institutions de l’Etat et le boycott des élections de 2010 par les principaux partis de l’opposition ont vidé de sa substance le système de partage du pouvoir établi par l’accord d’Arusha en 2000.

    Cet accord a pourtant permis de résoudre le conflit ethnique qui a dévasté le pays pendant une décennie et de poser les jalons d’un régime démocratique.

    «Les accords d’Arusha ont fait place à un monopartisme de fait, caractérisé par la fin du dialogue entre l’opposition et le parti au pouvoir, une dérive autoritaire du gouvernement et le retour de la violence politique », explique
    Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale de Crisis Group, qui regrette dans un communiqué que « Depuis 2010, les principes de l’Etat de droit, et notamment les droits des minorités, ont été largement ignorés ».

    La situation n’est pas bonne depuis les élections de 2010. Selon ce rapport la quasi totalité des leaders de l’opposition de l’ADC-Ikibiri sont partis en exil.

    « Leur départ s’est accompagné d’une vague de violences entre l’opposition et le parti au pouvoir, notamment de la part de groupes armés opérant dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ».

    Crisis Group regrette que le parti au pouvoir gère les affaires de l’Etat et le processus de justice transitionnelle « comme bon lui semble », du moins de sa façon. Il instrumentalise les services de sécurité et prépare une révision constitutionnelle dont les contours restent flous.

    La presse et la société civile demeurent les seuls contre-pouvoirs, mais journalistes et activistes vivent constamment sous la menace de la répression gouvernementale.

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