
« Quand les acteurs politiques de l’opposition avaient quitté le pays, les journalistes ont pris la place qui revenait à cette catégorie d’hommes et femmes politiques. Ils avaient eux même commencé à dire que les élections s’étaient déroulées au sortir des élections. Quelques jours après, ils ont été eux même les premiers à dire que les élections avaient été entachées d’irrégularités. Pourquoi ce double langage ? Ce projet de loi vient tous nous aider pour inciter les journalistes à suivre la loi » c’est le point de vue du sénateur Daniel Gélase Ndabirabe vendredi lors des débats sur l’adoption du projet de loi qualifié de liberticide par les responsables des médias . Le texte a été adopté à une large majorité, soit 32 voix pour, deux voix contre et quatre abstentions après trois heures de débat.
Aujourd’hui l’heure des regrets autour de l’adoption de ce projet de loi a sonné parmi les acteurs de la société civile et des partis politiques. Fréderic Bamvuginyumvira, le porte parole du Front pour la Démocratie au Burundi Frodebu a dit que les sénateurs ont relégué à l’écart le rôle qu’ont joué les médias dans la recherche de la paix au Burundi à partir de 1993.
« S’il y a une qualité dont les Burundais peuvent aujourd’hui se réjouir dans la sous région c’est bel et bien la contribution des médias en particuliers privés dans la recherche de la paix. Le pouvoir CNDD-FDD a besoin de réduire au silence les médias surtout pour que les cas de violations massives des droits de l’homme ne soient pas connus du public »a-t-il souligné.
Selon lui, ce projet de loi ne vise pas du tout à protéger les intérêts de la population mais plutôt ceux du parti au pouvoir. Même son de cloche de la part de la société civile. Dr Gertrude Kazoviyo, le porte parole du Forum pour le Renforcement de la Société Civile parle de vision courte qui aura caractérisé le sénat en adoptant ce projet de loi qualifié de liberticide. Ce projet de loi ouvre davantage la porte aux grosses tares que connaît ce pays à savoir la corruption et les violations des droits de l’homme.
La société civile demande au président de la république de ne pas promulguer ce projet de loi. Mais de sa part le parti Frodebu indique que le président de la république est loin de s’écarter de la volonté de son parti politique d’origine, le Cndd Fdd . «Le président de la république l’a bien souligné. Il a récemment dit qu’il ne pourrait pas s’écarter de la volonté de son parti. Je ne pense pas qu’il puisse me prouver le contraire » a-t-il souligné.
Ce projet de loi oblige les journalistes à révéler les sources et contraint celui-ci à des amendes de 4 millions en cas de délit de presse.




