
Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo, était de
passage à Bujumbura vendredi à l’invitation du Président Pierre
Nkurunziza. Selon Sassou Nguesso, qui a parlé brièvement à la presse
depuis l’aéroport, il s’agissait d’une visite officielle d amitié et de
solidarité.
« Nos deux pays ont connu de douloureuses expériences mais nous
vivons aujourd’hui des moments d’espoir et il est bon que nous nous
fréquentions…et que nous voyions dans quelle mesure nous pouvons
coopérer, parce qu’il faut que l’Afrique se prenne en charge, » a
déclaré Sassou Nguesso.
« J’ai l’intention de discuter avec mon frère des problèmes
bilatéraux, mais aussi des problèmes africains», a-t-il dit.
Des problèmes africains, Denis Sassou Nguesso s’y implique. Le
dirigeant congolais est actif dans les négociations entre le
gouvernement de Joseph Kabila et les rebelles du mouvement M23 en
République démocratique du Congo, et il est garant de l’accord de paix
de Libreville qui a mis fin au conflit centrafricain.
Il a démenti qu’il soit venu pour négocier un accord entre le
gouvernement du CNDD-FDD et le Front National de Libération d’Agathon
Rwasa. Il a aussi minimisé son rôle dans les négociations politiques
en RDC. Il a dit que ces problèmes, surtout les tensions qui déchirent
la RDC, seraient mieux résolus par la Conférence internationale des
pays des Grands Lacs.
« Médiation non, échanger avec tous les frères sur les problèmes qui
nous concerne, oui, » a déclaré Sassou Nguesso. « Lorsque nous nous
rencontrons entre dirigeants, nous évoquons ces problèmes, mais ce
n’est pas parce que nous sommes à la recherche d’une quelconque
médiation. Il s’agit de bien connaître ces problèmes, et si on peut y
mettre un avis, c’est notre devoir.»
Pour rappel, Denis Sassou Nguesso figure parmi les dirigeants les plus
durables de l’Afrique actuelle, étant arrivé au pouvoir en 1979.
Historiquement allié avec le bloc soviétique, il a perdu le pouvoir en
1992 suite aux premières élections multipartites. Il a repris le
pouvoir en 1997, un coup militaire qui a mis fin à une guerre civile
courte mais sanglante. Le Fonds monétaire international a reporté la
restructuration de la dette congolaise en 2006 suite à des allégations
de corruption.




