Rwanda : HRW accuse Kigali d’orchestrer des changements contre des activistes indépendants

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    La direction de la Ligue rwandaise pour la promotion et la défense des droits de l’homme (LIPRODHOR) a été évincée en raison de sa position indépendante, alerte Human Rights Watch.

    Selon cette organisation de défense des droits de l’homme, « des personnes soupçonnées d’être favorables au gouvernement ont pris le contrôle de l’organisation dans ce qui est devenu une tactique typique de l’État pour réduire au silence les défenseurs des droits humains ».

    Dans un communiqué » rendu public ce jeudi à Nairobie, Daniel Bekele, directeur de la division Afrique au sein de HRW a dit : « Les acteurs internationaux devraient condamner ce détournement flagrant du dernier groupe indépendant du Rwanda à dénoncer les violations des droits humains». Plus loin, le communique déplore qu’avec cette décision, les organisations de la société civile engagée dans la promotion des droits de l’homme sont presque anéanties.

    « Si la LIPRODHOR est réduite au silence, ce sera une grande perte pour tous les Rwandais. ».

    Alors que cette organisation comptait fin 2012 au moins 115 membres, Human Rights Watch dénonce que la réunion qui a changé le conseil d’Administration de cette organisation le 21 juillet n’avait que 47 membres présents.

    « La liste des membres de décembre 2012 comporte 115 noms, mais le président nouvellement élu a déclaré à Human Rights Watch que seules 47 personnes ont assisté à la réunion », lit-on dans un communiqué rendu public par Human Rights Watch, ce qui signifie que le quorum n’était pas atteint.

    Plusieurs membres de l’organisation ont déclaré à Human Rights Watch que la réunion du 21 juillet n’avait pas respecté les procédures habituelles. Ils ont affirmé que les organisateurs avaient convoqué des membres ciblés, et n’avaient même pas envoyé une invitation écrite pour cette réunion. Les principaux dirigeants de l’organisation, notamment le président, le vice-président et le secrétaire exécutif, n’ont pas été informés de la réunion.

    En plus, souligne le communiqué, la police est intervenue dans le transfert du pouvoir, de l’ancien conseil d’administration au nouveau.
    HRW dit que « lors du transfert forcé entre l’ancien et le nouveau conseil d’administration, la police a menacé d’emprisonnement le personnel de la LIPRODHOR s’il ne coopérait pas avec le nouveau conseil d’administration ».

    Selon le communiqué plusieurs membres ont déclaré qu’ils estimaient que leur sécurité était en danger.

    La police avait aussi interdite la tenue d’un atelier de l’examen période, un examen des Nations Unies sur les droits de l’homme dans le monde entier, qui avait été prévu trois jours après la date de la réunion.

    « Le 24 juillet, la police a annulé un atelier de formation organisé par la LIPRODHOR sur la présentation d’informations à l’Examen périodique universel – une procédure du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour examiner la situation des droits humains dans différents pays », lit-on dans ce communiqué.

    Sur toutes ces allégations, Sheikh Saleh Habimana, responsable des partis politiques, des organisations non gouvernementales et des organisations confessionnelles pour l’Office rwandais de la gouvernance a expliqué que «l’ancien conseil d’administration de la LIPRODHOR peut aller au tribunal ».

    Par ailleurs a-t-il continué, son organisation ne pouvait pas nier la tenue d’une réunion des membres d’une association et refuser le résultat de leur rencontre.

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