
Le groupe parlementaire Uprona a adressé une correspondance au ministre de l’intérieur dans laquelle il s’inscrit en faux contre la reconnaissance de Bonaventure Niyoyankana par le ministre Edouard Ndumana.
Avant de se rendre au secrétariat du ministère de l’intérieur ce jeudi pour déposer cette correspondance, les parlementaires se sont rencontrés pendant près d’une heure et ont rédigé ensuite ladite correspondance.
Le ministre de l’intérieur avait en effet pris cette décision d’annuler les résultats du congrès national de 2012 en province de Gitega qui ont porté Charles Nditije à la tête de l’Uprona puisque la cour suprême lui avait demander d’analyser si les organes hérités de ce congrès sont conformes à la loi régissant les partis politiques au Burundi. Pour ces parlementaires, inéluctablement le CNDD-FDD a besoin de diviser le parti de Rwagasore.
En s’inscrivant en faux contre la décision du ministre de l’intérieur, le groupe parlementaire estime qu’Edouard Nduwimana n’a pas les prérogatives de s’ingérer dans l’organisation des partis politiques. Selon eux, en s’exprimant deux ans après sur le procès que les deux parties avaient retiré de la cour suprême, le ministre de l’intérieur ignore sciemment la loi.
«Juriste de formation, il sait très bien que lorsque la partie défenderesse et la partie demanderesse s’entendent de retirer un procès de la justice, personne de plus ne peut s’opposer contre la mesure », a souligné Evariste Ngayimpenda. Pour sa part, le ministre de l’intérieur veut malicieusement que la division de l’Uprona continue son chemin au moment sa réunification était en cours.
Ces parlementaires ne veulent pas entendre Bonaventure Niyoyankana à la tête de l’Uprona. « Niyoyankana Bonaventure et Gaston Sindimwo qui servent de satellites du parti au pouvoir ont été suspendus du parti de Rwagasore par le comité central du parti ce jeudi », ont encore une fois souligné ces Badasigana.
Ils estiment qu’Edouard Nduwimana n’a pas le droit de le placer à la tête du parti “à moins qu’il soit gouverneur général chargé de nommer les président des partis politiques’’.
Charles Nditije de sa part a dit qu’il pense que Bonaventure Niyoyankana ne pourra pas oser se présenter à Kumugumya où se trouve la permanence nationale du parti s’il est normal.
Même si les positions de ces membres de l’Uprona sont telles, le ministère de l’intérieur par le biais d’Evariste Nsabiyumva ne passe pas par quatre chemins. Selon lui, le ministère ayant en charge la gestion des partis politiques reconnait depuis ce mercredi Bonaventure Niyoyankana à la tête du parti Uprona.
Face à cette situation, les parlementaires viennent d’envoyer une correspondance au représentant du Secrétaire Général des Nations et aux diplomates accrédités à Bujumbura dans laquelle ils dénoncent Edouard Nuwimana comme l’élément catalyseur dans la crise qui secoue aujourd’hui le parti de Rwagasore.
Les liens semblaient être aux rendez vous entre le CNDD-FDD et l’Uprona lorsque le parti de Rwagasore a accepté d’accompagner le parti au pouvoir dans les institutions après les élections de 2010.
Le CNDD-FDD risquait de faire un semblant de démocratie dans la gestion du pouvoir puisque les partis politiques regroupés au sein de l’Alliance Démocratique pour le Changement avait boycotté leur participation dans les institutions en place en déclarant que les élections de 2010 avaient été entachées de fraudes.
{{Vers une nyakurisation dans une série d’autres?}}
Après les partis FNL, Sahwanya Frodebu, et UPD-Zigamibanga, un juriste de formation à la tête du ministère de l’intérieur est accusé de “diviser les partis politiques”.
Une telle situation politique au sein de l’Uprona, ouvrira-t-elle en tout la porte à d’autres rebondissements politiques inattendus? Attendons.




