Le CNDD-FDD va porter plainte contre Léonce Ngendakumana

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    Le parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, vient d’adresser une correspondance au Secrétaire Général des Nations Unies pour démentir ce qu’il qualifie de propos injurieux et alarmistes de certains politiciens , à l’instar deLéonce Ngendakumana, qui, selon ce parti, n’ont d’autre but que celui de « nuire à l’image et aux intérêts du Burundi ». Il annonce qu’il compte porter plainte contre Léonce Ngendakumana accusé de faire des « déclarations mensongères habillées par une incitation à la haine ethnique ».

    Dans cette correspondance du 12 mars 2014, le président du Conseil National pour la Défense de la Démocratie-Forces de Défense de la Démocratie, Pascal Nyabenda, dénonce ce qu’il appelle une attitude ces politiciens qui n’honore pas le peuple burundais.

    Dans cette lettre, l’Hon. Nyabenda revient sur les atrocités qui ont miné le Burundi depuis l’indépendance, notamment les tueries des années 1965, 1969, 1972, 1988 et 1993, dans ce pays dont les institutions issues des processus démocratiques n’avaient jamais dirigé le Burundi au-delàs de trois mois sans effusion de sang.

    « L’arrivée du CNDD-FDD sur la scène politique burundais a marqué un tournant inoubliable », poursuit-il, soulignant avoir mobilisé le peuple burundais à rompre avec les divisions de toute nature qui avaient même caractérisé le processus de paix et de réconciliation d’Arusha à travers les deux blocs radicaux, le G7 composé de Hutu et G10 composé de Tutsi.

    « Le parti CNDD-FDD s’inscrit toujours en faux contre les idéologies de ses concurrents et les Burundais ont vite compris qu’il est temps de voter pour la démocratie, la paix, la justice et le développement pour tous au détriment du G7 Hutu et du G8 Tutsi, véritables ghettos ethniques … », indique l’Hon. Nyabenda dans cette correspondance.

    Selon, le CNDD-FDD, le contenu de la lettre de Léonce Ngendakumana, président du parti Frodebu (Front pour la Démocratie au Burundi) et président en exercice de l’Alliance des Démocrates pour le changement, ADC-Ikibiri, qui accuse même le CNDD-FDD de préparer un génocide politico-ethnique au Burundi, n’est qu’un signe du débordement toléré de la liberté d’expression qui, selon toujours l’Hon. Nyabenda, s’observe au Burundi « depuis que le CNDD-FDD est aux affaires ».

    A propos des remous autour de la Commission Nationale des Terres et autres Biens, une commission fortement décriée par l’opposition et la société civile burundaise, le président du parti au pouvoir souligne que les agissements sont dus au fait que certains politiciens ne veulent qu’étouffer la vérité et barrer le rétablissement des burundais opprimés dans leurs droits.

    S’agissant des accusations portées contre le CNDD-FDD de semer des divisions au sein des partis politiques, l’Hon. Nyabenda indique que cela n’est qu’une manœuvre entreprise pour dissimuler leurs conflits internes fondés sur l’établissement de la responsabilité dans les tragédies qu’a traversées le Burundi.

    « Dès lors, les organisations politiques ayant joué un rôle dans les différents drames connaissent des remous internes basés sur la question de responsabilité des uns et des autres parmi leurs membres devant l’histoire. Pour tromper l’opinion, les grands ténors accusent injustement le CNDD-FDD d’ingérence au sein de leurs organisations ». Peut-on lire dans cette correspondance.

    Alors qu’une dissension au sein des forces de l’ordre parlait d’elle, il y a quelques jours, l’Hon. Nyabenda dit que cela n’était qu’une volonté manifeste de ces organisations politiques de diviser les forces de l’ordre et de sécurité en diabolisant la Police Nationale et en adressant des regards doux à l’armée pour ainsi saper les «efforts du CNDD-FDD qui s’est impliqué dès la première heure tandis que les autres politiciens voulaient garder leurs composantes issues de plusieurs horizons ensemble mais pas unies».

    L’opposition, surtout celle réunie au sein de l’ADC-Ikibiri, ainsi que la société civile, ont toujours dénoncé la volonté de Pierre Nkurunziza de se faire élire pour un 3è mandat en 2015. Dans cette correspondance, le président du CNDD-FDD n’y va pas par quatre chemins : « Le Président Pierre Nkurunziza est un homme d’Etat respectueux des textes et lois. La question de sa candidature à la magistrature suprême en 2015 ne se posera pas s’il s’avère que les lois actuelles et principalement la loi fondamentale ne s’y conforme pas », note l’Hon. Pascal Nyabenda.

    Quant aux Imbonerakure, ligue des jeunes du CNDD-FDD accusée de tyranniser les membres des partis politiques de l’opposition, surtout ceux de l’ADC-Ikibiri, Pascal Nyabenda précise que ce n’est pas une milice comme le disent ces derniers, mais plutôt une jeunesse bien encadrée pour servir le pays.

    «La ligue des Jeunes du parti CNDD-FDD (Imbonerakure) n’est pas une milice, mais plutôt des membres du CNDD-FDD (…) Cette jeunesse suit régulièrement une formation idéologique de notre parti notamment sur l’amour de la patrie, la tolérance et la gestion de la chose publique, ce qui leur permet de faire face à la multitude de provocations orchestrées par certains concurrents».

    L’Hon. Nyabenda termine sa correspondance en exhortant les Nations Unies à accompagner le Burundi vers les élections de 2015 pour éviter toute équivoque.

    « Soyez présents avant, pendant et après les élections pour qu’aucun prétexte ne soit trouvé pour ceux qui croient qu’ils doivent arracher le pouvoir par le mensonge et la diabolisation de leurs adversaires. Nous souhaitons des élections justes, libres, transparentes et inclusives et le verdict populaire doit être respecté, en déplaise ceux qui rêvent de scénarios catastrophiques déclenchés par des pseudo-révolutions sanglantes», interpelle-t-il.

    Côté Ngendakumana, c’est un sentiment de satisfaction de voir le gouvernement sortir de son silence face aux grands défis auxquels sont confrontés les Burundais.

    Quant à l’annonce d’une possibilité de porter plainte contre lui, Léonce Ngendakumana demande au gouvernement de déposer une plainte devant les juridictions compétentes, et non dans les médias. De plus, intenter une action en justice contre sa personne ne signifie rien car, selon lui, la correspondance qu’il a adressée à Ban Ki Moon a été écrite au nom de l’ADC-Ikibiri et non au nom de Léonce Ngendakumana.

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