La situation des défenseurs des droits de l’homme critiquée par un rapporteur de l’Onu

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    Le rapporteur spécial des nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains se montre pessimiste quant à la situation des défenseurs des droits humains au Burundi.

    Au cours d’une conférence de presse de ce mardi à Bujumbura, Michel Forst y est allé droit au but en disant que les défenseurs des droits de l’homme font face à de graves obstacles qui peuvent s’apparenter à des violations de leurs droits et libertés, ainsi qu’à leur droit légitime de promouvoir et protéger les droits de l’homme.

    Dans une mission qu’il vient d’effectuer au Burundi, Michel Forst se dit frappé par le fait que les défenseurs des droits de l’homme sont assimilés à des opposants politiques, à tel point « que l’on a pu créer des organisations non gouvernementales proches du pouvoir pour tenter de conforter cet amalgame entre défenseurs et opposants politiques. Malgré cela, ce rapporteur spécial des nations unies sur la situation des défenseurs droits humains salue l’extrême vitalité et la compétence de la société civile au Burundi.

    Selon Michel Forst, le rôle des organisations de la société est primordial dans les Etats où l’opposition ne joue pas son rôle qui lui est dévolu. Dans ces circonstances, il fait savoir que cela crée un vide dans le domaine de la défense des libertés publiques, « lequel est souvent naturellement occupé par les organisations non gouvernementales qui travaillent en faveur des droits civils, politiques, économiques et sociaux.

    Dans ses descentes faites à Bujumbura, Ngozi et Rumonge, Michel Forst a affirmé qu’il s’est rendu compte des menaces « sérieuses » qui pèsent sur les défenseurs des droits humains, dont les journalistes ainsi que les campagnes de diffamation dans certains médias.

    « De très nombreux cas de menaces physiques, appels téléphoniques anonymes, agressions, arrestations arbitraires, harcèlements judiciaires m’ont été signalés », a-t-il dit.

    Michel Forst indique que le Burundi a la chance d’avoir une société civile dynamique et une presse audacieuse et libre, mais regrette de constater que les pouvoirs publics tentent de restreindre la liberté d’expression et la liberté des médias en les accusant, d’être des agents de l’opposition, « dès lors qu’ils rapportent les faits ou des témoignages mettant en cause les institutions de l’Etat ».

    Michel Forst a aussi souligné qu’il a déjà envoyé, dans le cadre de son mandat, des lettres d’allégation au gouvernement du Burundi sur plusieurs dossiers et qu’il espère pouvoir poursuivre le dialogue constructif engagé avec le gouvernement sur les mêmes dossiers.

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