
Le Président de la République a repris la même réponse que celle qu’il avait déjà donnée à certains médias étrangers sur la question de sa probable candidature dans les élections de 2015. « Ce n’est pas à moi de me porter candidat. C’est le congrès du parti qui décide le candidat à présenter conformément à la loi », a répondu Pierre Nkurunziza au cours d’une conférence publique animée ce vendredi dans la province de Ruyigi (Est du Burundi).
Cette réplique avait déjà été donnée à 2 reprises par le Président de la République devant les journalistes de différents médias internationaux. D’ abord c’était devant un journaliste de Rfi, ensuite devant celui de la chaine Al jazeera.
“Si mon parti décide de me présenter comme candidat à la Présidence de la République, il aurait bien consulté les lois pour analyser si je remplis les critères”, avait expliqué Pierre Nkurunziza à ces journalistes.
Cette réponse qualifiée d’ « échappatoire » par certains laisse toujours derrière elle des polémiques. L’opposition et la société civile ont toujours dit qu’il se cache dans cette réponse l’intention de se porter candidat pour la 3e fois. D’abord, Pierre Nkurunziza a été élu par voie de suffrage universel indirect en 2005. En 2010, il a été élu par voie de suffrage direct.
Pour les 2 scrutins, il n’avait presque pas de concurrents, puisque les partis de l’opposition se sont retirés des élections présidentielles en 2010, arguant les fraudes massives qui ont eu lieu au cours des élections communales.
La constitution du Burundi limite à 2, les mandats de Président de la République. Lors de la précédente réunion de l’organisation mondiale de la francophonie, le Président François Hollande a demandé aux Présidents Africains d’éviter les tripatouillages des constitutions pour se pérenniser au pouvoir. Cette intervention survenait un mois après la chute du pouvoir Compaoré. Celui-ci allait modifier la constitution du Burkina Fasso pour la 5e fois afin de briguer un 5e mandat. Il a pris fuite à la suite d’un soulèvement populaire qui ne voulait pas une révision de plus de la constitution.
Sur la question de savoir si le Président Nkurunziza ne craint pas le scénario Burkina Fasso, il a dit que le Burundi et le Burkina Fasso sont deux pays politiquement différents. Aux Burundais leur problèmes politiques, et aux Burkinabés les leurs, a-t-il annoncé.
Il a fait savoir qu’il a lui-même retiré de l’assemblée nationale le projet de loi portant révision de la constitution après qu’il ait été rejeté par les élus du peuple, pour justifier qu’il n’a pas l’intention de modifier la constitution pour ses intérêts.




