Une manif fait désemparer la police

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    Toutes les avenues menant vers le centre de la ville de Bujumbura étaient fermées et sont restés bloquées ce vendredi. La manifestation a eu lieu malgré l’opposition des institutions en charge de la sécurité. La population et les manifestants se regardaient et se surveillaient mutuellement à chaque mouvement lors de ces manifestations qui ont vu l’arrestation de plus d’une centaine de personnes.

    Vers midi et demi, la police et les manifestants se sont jeté des pierres. Un policier a d’ailleurs été blessé lors de ces incidents. Les manifestants qui avaient assiégé le centre de la ville de Bujumbura ont parfois été acculés à fuir les éléments de la police munis de gaz lacrymogènes, de fusils et de ceinturons.

    Les camions capables de larguer de l’eau avec beaucoup d’intensité ne cessaient de faire le tour de la capitale. Ils ont largué de l’eau parmi les manifestants qui se trouvaient aux environs de la place communément appelé Chez Ndadaye. Les manifestants se sont dispersés sans pour autant abandonner la mission du jour à savoir celle de témoigner à la face du monde qu’ils s’inscrivent en faux contre le 3ème mandat qu’envisage Pierre Nkurunziza à la tête du pays .

    Des policiers ont arrêté lors de ces manifestations certains leaders politiques notamment Chauvineau Mugwengezo de l’Union pour la Paix et le Développement et Fréderic Bamvuginyumvira Vice- président du Front pour la Démocratie au Burundi.

    Le premier a été au départ accusé d’avoir un garde de corps en de possession d’armes. Au moment où il a été arrêté, nous avons vu que s’était sur injonction d’un agent du service National des renseignements. Ce dernier leur a dit que le garde du corps de Chauvineau Mugwengezo possédait une arme alors qu’au fond l’accusé ne possédait pas de pistolet.

    Chauvineau Mugwengezo a tenté d’entrer dans deux véhicules pour regagner chez lui pendant cette manifestation, hélas, la police lui a refusé la liberté de mouvement. Plus d’une centaine de personnes ont aussi été arrêtés et incarcérés dans ce tourbillon et conduit manu militari dans plusieurs bureaux de la police.

    Tout près de la Galerie le Parisien, les policiers ont utilisé les balles réelles en l’air pour chasser les manifestants et les obliger de quitter les lieux. Ils sont aussi utilisé les gaz lacrymogènes pour les chasser de la localité. Durant ces manifestations, les éléments du Service National de Renseignements se trouvaient un peu partout.

    {{Une police désemparée}}

    Loin de l’endroit où devaient se tenir ces manifestations, la police s’était aussi mobilisée. Sur tous les ponts menant dans la capitale Bujumbura, ils étaient estimés à plus d’une trentaine de policiers mobilisés pour empêcher tout mouvement vers le centre de la ville de Bujumbura. Face à tout attroupement de personnes, ils n’hésitaient pas à recourir à la force.

    Au campus Kamenge pour illustration, ces policiers ont largué deux gaz lacrymogènes au sein des étudiants qui regardaient pendant la pose le mouvement de motards qui fuyaient en klaxonnant en signe d’expression de joie de cette manifestation.

    Oscar Ndayiziga, l’ancien gouverneur de la province de Muramvya et l’un des organisateurs de cette manifestation, s’indigne contre le comportement de la police. Pour lui, la police qui avait récemment assuré la manifestation du CNDD-FDD a usé de deux poids deux mesures. Il souligne que le combat continuera malgré tout jusqu’à ce que la raison remporte sur le mensonge.

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