
“Le parti CNDD-FDD ne participera pas dans le nouveau dialogue, sa priorité est de poursuivre la campagne électorale” a annoncé à la presse ce mardi Pascal Nyabenda le Président du parti CNDD-FDD. Le président du parti au pouvoir a été direct, pour lui, ce dialogue est une dissuasion ayant pour objectif la perturbation des élections.
Après cette annonce de refus du parti présidentiel de participer au dialogue, celle du parti UPRONA ne s’est pas fait attendre. Gaston Sindimwo, le secrétaire général de ce parti a, en plus de dire que son parti aussi ne participera dans ce dialogue, lancé un message fort à ses initiateurs. Selon lui, Les Nations Unies, l’Union Africaine et la Communauté des Pays de l’Afrique n’ont pas des directives à donner mais plutôt devaient coopérer avec les institutions burundaises. Gaston Sindimwo estime que ce dialogue pouvait attendre après les élections.
Ce refus des deux partis gouvernementaux de participer dans le dialogue inclusif qui devait commencer ce mardi, avec comme médiateur le Professeur Abdoulaye Bathily vient saper l’initiative des Nations Unies qui s’activent pour désamorcer la crise politico-sécuritaire dans laquelle est plongé le pays depuis des semaines. En conséquence, ces pourparlers n’ont pas eu lieu ce mardi comme prévus.
L’élément déclencheur était l’annonce, en fin avril, de la candidature du président Pierre nkurunziza aux prochaines élections présidentielles pour la troisième fois.
Pour contester le troisième mandat du candidat du parti CNDD-FDD, Les partis de l’opposition radicale et les principales organisations de la société civile ont appelé la population à descendre dans les rues. La répression était sévère: plus de 70 morts, des centaines blaisés et plus d’un millier d’arrestations (selon le rapport de l’APRODH). Aujourd’hui, c’est l’impasse. Le président Nkurunziza veut briguer à tout prix le troisième mandat, la coalition anti troisième mandat dit qu’il n’en est pas question.
La communauté internationale s’en inquiète. Dans leur réunion de ce lundi, les ministres des relations extérieures des 28 pays de l’Union Européenne ont menacé de prendre des sanctions contre les auteurs des violations des droits de l’homme et le gouvernement si la violence continue et exigé le dialogue avant toute élection, car selon eux, les conditions ne sont pas réunies pour des élections équitables, libres et apaisées.
Cet appel qui s’ajoute à celle des Nations Unies, de l’Union Africaine, de la Communauté Est Africaine et d’autres puissants de ce monde ne semble pas infléchir le gouvernement et le parti au pouvoir dans leur obsession d’organiser les élections dans 7jours.




