
Dans cette commune du sud de la capitale Bujumbura, les bureaux de vote ont été déplacés vers le terrain de football de Muha près du camp militaire qui porte le même nom. Objectif de protéger les votants.
Les électeurs se sont présentés timidement jusque vers dix heures selon une source sur place. Des militaires et des policiers auraient été plus nombreux à se présenter dans les urnes. La réalité est que ces élections étaient très sécurisées. Tout électeur doit être fouillé avant de se rendre dans l’urne.
Au cours de la nuit de dimanche à lundi, des tirs à l’arme automatique et des explosions de grenades avaient été entendus dans Musaga comme ailleurs dans plusieurs autres quartiers de Bujumbura. Musaga a été une des zones de contestation de la troisième candidature du président Pierre Nkurunziza.
La timidité liée à ces élections communales et législatives est partagée. Un policier qui s’est confié à un civile révèle qu’il doit voter, qu’il le veuille ou pas. Quoi que l’on fasse, il faut, pour ces hommes en uniformes, avoir l’encre indélébile sur ses doigts. Histoire de montrer que l’on a voté.
Les policiers et militaires étaient donc les plus nombreux à avoir répondu aux élections de ce lundi. Avant de se présenter devant les bureaux de vote ils devaient déposer leurs armes quelque part.
Les bureaux dont les agents ne se sont pas présentés ont eu d’autres qui ont été recrutés sur place. Les rues de Musaga sont presque désertes
Parallèlement, des habitants de Musaga se surveillent mutuellement et s’empêchent de se diriger sur les lieux de vote. Des tracts avaient circulé la veille, dimanche, mettant en garde toute personne qui tenterait d’aller à ces bureaux de vote. Ils empêchaient aussi les gens à sortir leurs vélos, ou motos ou véhicules. La population rencontrée préfère rester à la maison pour éviter d’éventuels accidents
Malgré le faible taux de participation à Musaga et dans certains autres quartiers de Bujumbura, le président de la CENI se réjouit. S’exprimant via des radios qui ont travaillé en synergie pour ce rendez-vous, Pierre-Claver Ndayicariye a déclaré que jusqu’à 14h heure de Bujumbura, le taux de participation était d’au moins 85%.




