
“La mission d’observateurs électoraux est d’observer les faits et le déroulement des scrutins et non de valider ou d’invalider les élections”, a dit Philippe Nzobonariba, porte-parole du gouvernement, dans une déclaration sur les rapports électoraux qui seraient en train d’être élaborés.
Le porte-parole dit que le gouvernement sort de son silence pour exprimer sa préoccupation par rapport aux pressions qui, selon Nzobonariba, seraient exercées sur les observateurs dont la MENUB, pour orienter leurs rapports d’observation.
Selon le gouvernement burundais, ces pressions proviendraient des personnalités et acteurs extérieurs hostiles aux élections dont certains ont retiré leurs observateurs.
Le porte-parole du gouvernement dit que des rapports biaisés des observateurs influenceraient immédiatement le rapport général du scrutin du 29 juin 2015.
Philippe Nzobonariba est clair: “Le rôle de valider ou d’invalider les résultats des élections est réservé aux institutions qui sont prévues par la constitution burundaise”.
Cette sortie médiatique de Philippe Nzobonariba vient malheureusement après que le rapport de la Mission Electorale des Nations Unies au Burundi, MENUB, est déjà sorti et remis au Secrétaire Général de l’ONU, selon l’agence AFP.
{Les élections législatives et communales de lundi au Burundi se sont déroulées “dans un environnement qui n’était pas propice à la tenue d’un scrutin libre, crédible et fédérateur”, a estimé jeudi l’ONU.
Dans ses “conclusions préliminaires”, la Mission d’observation électorale de l’ONU relève en particulier “un climat de peur et d’intimidation” et des violences à Bujumbura, avant et pendant les élections.
Le scrutin, qui été boycotté par l’opposition, “s’est tenu au milieu d’une crise politique tendue, et dans un climat de peur et d’intimidation généralisées dans certaines parties du pays”, souligne le document.
“Les libertés fondamentales de participation, d’assemblée, d’expression, d’opinion et d’information ont souffert de restrictions croissantes pendant la compagne électorale”, notent les observateurs de l’ONU. “Des épisodes de violence et des explosions ont précédé et parfois accompagné le scrutin”.
La Mission d’observation, déployée à partir du 1er janvier dernier, indique “avoir observé des restrictions à la liberté de la presse et des violations de droits de l’homme et d’autres libertés fondamentales”.
Ces faits concernent notamment “le droit de l’opposition politique à faire campagne librement” et le désarmement “des groupes de jeunes armés liés à des partis politiques”, une allusion aux jeunes du parti au pouvoir accusés d’intimider les électeurs.
Selon le rapport de neuf pages, seuls le parti au pouvoir et ses alliés ont été en mesure de mener campagne dans l’ensemble du pays, les partis d’opposition étant “beaucoup moins visibles”.
En raison des entraves à la liberté de la presse, ajoute la Mission, “la couverture de la campagne a été essentiellement centrée sur les activités du parti au pouvoir”.
La Mission conclut donc “que l’environnement n’était pas propice à la tenue d’un scrutin libre, crédible et fédérateur”.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a “pris note” de ces conclusions, et en particulier des commentaires sur la crédibilité du scrutin, a déclaré à la presse le porte-parole adjoint de l’ONU Farhan Haq.
M. Ban, a-t-il ajouté, “déplore” les actes de violences commis mercredi à Bujumbura et demande “aux Burundais de s’exprimer de manière pacifique et aux autorités de faire preuve de retenue”.
Le Conseil de sécurité a eu jeudi matin des consultations à huis clos sur la crise burundaise.
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