
{{Selon les résultats de la Céni, les élections législatives du 29 juin 2015 ont donné 77 sièges au parti au pouvoir et 21 à la coalition d’opposition.}} Source: rfi.fr
Il y a trois jours, la Céni proclamait les résultats provisoires des législatives très contestées du 29 juin, 77 au parti au pouvoir et deux autres à un parti allié, alors que 21 siège étaient attribués à une coalition d’opposition, qui avait pourtant boycotté ce scrutin. Mais cette répartition ne répond pas aux équilibres ethniques et de genre prévus par la Constitution. Dans un tel cas, cette dernière prévoit que la Céni coopte des députés sur les listes ayant plus 5% des voix, jusqu’à ce que ces équilibres soient respectés. Elle avait donc convoqués les deux listes qui répondaient à cette exigence jeudi 9 juillet, pour y pourvoir.
Sans surprise, la coalition d’opposition des Indépendants de l’Espoir placée deuxième aux élections législatives par la Céni a boycotté la séance de cooptation jeudi matin. La Commission électorale a donc dû faire contre mauvaise fortune bon cœur, en procédant à l’exercice avec le parti au pouvoir, le CNDD-FDD. « C’était une réunion de concertation à laquelle participe qui veut », justifie le porte-parole de la Céni, Prosper Ntahorwamiye.
Ils ont donc choisi équitablement sur les listes du parti présidentiel et de la coalition d’opposition conduite par Agathon Rwasa et Charles Nditije, 18 femmes donc 15 Tutsis et 3 Hutus, histoire de rétablir les équilibres ethniques et de genre prévus par la Constitution, qui exige que l’Assemblée soit composée à 60% de Hutus, à 40% de Tutsis et qu’au moins 30% des députés soient des femmes. La Céni a également coopté 3 représentants de l’ethnie twa. Là aussi un chiffre prévu par ce même texte.
Réaction outrée de la coalition des Indépendants de l’Espoir : « à la Céni le ridicule ne tue pas », dit-on. Charles Nditije dénonce un « viol politique ». « Nous refusons absolument de leur servir de conscience démocratique » a-t-il martelé. La Céni du Burundi persiste et signe, son porte-parole assure qu’ils avaient le droit de le faire, d’autant qu’ils n’ont jamais reçu une requête explicite de leur retrait.
Et si les grands ténors de l’opposition ont déjà annoncé leur intention de ne pas siéger à la nouvelle Assemblée nationale, le pouvoir burundais serait en train de tout faire pour pousser les suivants sur leur liste à occuper les sièges vacants histoire de donner une image de pluralité.
Source: rfi.fr




