Après les discours de la semaine dernière des hautes autorités sur les moyens musclés à utiliser pour désarmer des civiles qui disposent des armes, des messages qui ont suscité un tollé de condamnations par la communauté internationale, l’Envoyé spéciale des Etats Unis dans la Région des Grand Lacs, en visite au Burundi, appelle les autorités burundaises à reprendre incessamment le dialogue.
Dans une conférence de presse, Thomas Perriello a exprimé les préoccupations des Etats-Unis par rapport aux exactions commises par les éléments des forces de sécurité et les éléments de l’opposition ainsi que les propos « incendiaires » tenus par des hautes autorités du pays qui, selon lui, n’encouragent que les divisions et la violence.
Monsieur Perriello dit avoir rencontré, entre autres, le Premier Vice-président, le ministre des relations extérieures et le ministre de la défense auxquels il a adressé le message des Etats-Unis : « Le dialogue inclusif est la seule clé pour rétablir la paix et la stabilité au Burundi ». Les Etats-Unis, tout comme la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est, l’Union Africaine et l’Union Européenne, soutiennent la médiation de Yoweli Museveni, a-t-il indiqué.
Selon Thomas Perriello, l’opposition est, elle, prête à reprendre dialogue, reste la partie gouvernementale.
L’Envoyé Spécial salue l’initiative interne de dialogue. Cependant, il souligne que ce n’est pas ce genre de dialogue qui peut apporter des solutions à la crise burundaise telle qu’elle est aujourd’hui. Thomas Perriello dit que seul le dialogue à l’extérieur du pays, où toutes les parties peuvent se sentir en sécurité, peut produire des résultats.
Thomas Perriello s’inquiète particulièrement de la situation des journalistes burundais des médias indépendants qui sont persécutés. Il donne l’exemple de Blaise Célestin Ndihokubwayo, journaliste de la Radio Isanganiro qui est détenu, depuis vendredi dernier, par le Service National des Renseignement (SNR) et plusieurs autres qui ont été forcés à l’exil. Les Etats-Unis demandent la réouverture immédiates des médias indépendants utiles à la démocratie, et la protection des journalistes burundais, a insisté l’Envoyé Spécial.
Pour une crise qui a déjà produit plus de 200 milles réfugiés et causé beaucoup de morts, on ne peut plus attendre, le dialogue s’impose, a insisté Thomas Perriello.




