Certains habitants de Rumonge interrogés six mois après la destruction des cinq principaux médias burundais regrettent l’absence d’une information diversifiée. Ils voudraient la réouverture de ces médias.

Les personnes interrogées divergent sur la réduction au silence des cinq principaux médias privés. Pour les uns, il était très nécessaire que ces médias soient ramenés à l’ordre. Les tenants de cette position disent que certains médias sans les nommer diffusaient des messages qui font peur à la population.
Pour eux, ces messages ont été à l’origine de la fuite massive des burundais vers les pays voisins ou même plus loin. Ils affirment que ce mouvement est actuellement au ralenti suite à l’arrêt de la diffusion de ces messages.
Cependant, ils sont contre la méchanceté avec laquelle ces médias ont été détruits, estimant que le CNC (Conseil National de la Communication) était à mesure de rétablir l’ordre.
Pour d’autres, les auteurs de cette destruction ont injustement puni la population et devraient répondre de leurs actes. Ils s’opposent carrément à l’idée que les médias détruits incitaient les gens de fuir le pays.
Pour eux, l’exil des burundais a continué même après la destruction de ces médias. A la place des médias, les tueries parlent d’elles-mêmes surtout en Mairie de Bujumbura, doublées de rumeurs.
Les défenseurs de cette position disent qu’il a été une occasion pour priver l’opposition et la société civile contre le 3ème mandat du président Pierre Nkurunziza des moyens d’expression.
Toutes ces personnes convergent qu’il n’y a plus de diversité dans l’information au Burundi. Une minorité de burundais a accès à une information diversifiée à un coût élevé. Ceux qui n’ont pas assez de moyens se contentent des informations de la radio nationale ou celles de la radio Nderagakura qui diffusent essentiellement les actions du gouvernement et quelques fois des stations étrangères qui émettent en kirundi. Elles voudraient que les radios incendiées soient autorisées à fonctionner pour donner la chance à la population de bénéficier du pluralisme médiatique.
Dans l’entre-temps, Antoine Kaburahe, directeur du Groupe de Presse Iwacu a comparu ce lundi pour interrogatoire sur le putsch manqué du 13 mai 2015.




