Antoine Kaburahe, directeur du groupe de presse Iwacu, a comparu lundi 16 novembre devant la cour suprême à Bujumbura. Il a été interrogé sur le coup d’Etat manqué du 13 mai. L’ONG Reporters Sans Frontières s’étonne, mais garde l’espoir qu’il ne s’agit pas d’une mesure d’intimidation.
« Nous sommes surpris qu’Antoine Kaburahe soit convoqué et auditionné plus de six mois après les événements de mai 2015 », déclare Cléa Khan-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters Sans Frontières.
A travers un communiqué, Madame Cléa espère que ceci n’est pas une mesure d’intimidation contre les journalistes. Elle renchérit : « Il est important que la justice burundaise ne fasse pas l’amalgame entre les militaires qui ont intenté un putsch et la société civile burundaise, dont font partie les médias, qui ont légitimement le droit de parler et d’informer leurs concitoyens sur ce qui se passe dans le pays ».
Le communiqué de RSF rappelle que d’autres journalistes ont été convoqués par la justice burundaise dans le cadre de l’enquête sur le dossier numéro 697 relatif au coup d’Etat manqué du 13 mai. C’est le cas notamment d’Innocent Muhozi, directeur de Radio-Télé Renaissance qui, début juillet, « avait passé cinq heures dans le bureau du procureur ». Les questions portaient sur les liens entre les médias et le putsch, « notamment sur les radios ayant diffusé le message des putschistes ».
Après l’audition de lundi, le directeur du groupe de presse Iwacu est rentré chez lui. Un de ses avocats Me Lambert Nsabimana s’en réjouit. Il explique que son client ne s’accuse de rien, précisant que chaque fois que la justice aura besoin de lui, il répondra présent.




