
Le Parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD accuse l’Eglise Catholique de vouloir déstabiliser les institutions du pays. Dans une déclaration sortie samedi à la veille de la célébration de la fête de Pasques, Daniel-Gélase Ndabirabe, porte-parole de ce parti, reproche cette confession religieuse d’avoir dévier de son rôle spirituel pour prendre une allure purement politique.
Gélase Ndabirabe, citant Hamza Venant BURIKUKIYE Président de CAPES + (Collectif des associations des personnes vivant avec le VIH/SIDA), a accusé l’Eglise Catholique d’avoir trempé dans presque toutes les crises qui ont endeuillé le pays depuis l’arrivée des premiers missionnaires.
Il l’accuse de servir de près ou de loin dans les coups d’Etat que le Burundi a connu jusqu’à nos jours et que certains membres de l’Eglise Catholique ont contribué dans l’histoire malheureuse du Burundi.
“A titre d’exemple en 1972, l’Abbé Michel KAYOYA a été assassiné sous la bénédiction de certains responsables de l’Eglise Catholique et personne n’a rien dit”, dit M. Ndabirabe.
Pour le parti CNDD-FDD, les chrétiens burundais sont déçus par le comportement de l’Eglise Catholique au vue de sa prise de position dans les récents événements qui ont frappé le Burundi.
“Le comportement d’un certain nombre de prélats de cette confession religieuse de l’Eglise Catholique depuis 2010 et spécialement depuis le 26 Avril 2015, a déçu les démocrates burundais en particulier et tout le peuple Burundais en général, indique toujours Daniel-Gélase Ndabirabe.
Le parti au pouvoir accuse également l’Eglise Catholique burundaise d’avoir voulu saboter les récentes élections de 2015 et bloquer le fonctionnement de la Commission Vérité-Réconciliation à travers ce qu’il qualifie d’ « activisme inconsidéré” de certains responsables de cette confession religieuse la plus populaire au Burundi.
” Et tout cela s’accompagnait de communiqués incendiaires pendant leurs homélies jusqu’à faire penser que l’Eglise Catholique n’avait plus de rôle spirituel mais uniquement politique”, s’indigne Daniel-Gélase Ndabirabe, porte-parole du CNDD-FDD.
Selon toujours D. Ndabirabe, l’Eglise Catholique perd sa mission principale de prêcher la bonne nouvelle et se rend coupable de division des chrétiens sur base idéologique. ” La volonté de diviser les chrétiens a été exprimée tantôt ouvertement tantôt à demi-mots par certains responsables de l’Eglise Catholique ainsi que le souci d’opposer les chrétiens aux différents membres des partis politiques qui ont poussé plus d’un à se poser des questions de la véritable mission des Chefs du clergé Burundais”, s’indigne toujours le CNDD-FDD via son porte-parole, Daniel-Gélase Ndabirabe.
Cette réaction du parti au pouvoir burundais tombe quelques jours après la déclaration de l’Eglise Catholique au début de ce mois de mars, où le Conseil des Evêques catholiques du Burundi dénonçait une situation délétère résultant de l’écroulement des pratiques démocratiques à travers le démantèlement des partis politiques ,des intimidations et oppressions contre les partis de l’opposition, parmi tant d’autres.
Le Conseil des Evêques catholiques du Burundi dénonçait également l’absence de dialogue entre les protagonistes au conflit burundais qui, selon ces religieux, “est à l’origine des meurtres persistants, avec des fosses communes découvertes dans plusieurs régions du pays”.




