« La solution à tout conflit ,c’est le dialogue entre les protagonistes », a affirmé Joseph Ndayisaba, professeur d’université dans son exposé sur les fruits du dialogue. C’était le mercredi 22 mars 2017, lors d’une conférence publique organisée conjointement par Chaire Unesco, Ecole de la foi et Caritas Burundi. 
« Quand les gens cohabitent ensemble, ils ont des intérêts souvent divergeants », affirme M. Ndayiba. Selon lui, le problème réside dans la course aux intérêts qui sont souvent similaires d’où la naissance de conflit. En effet, dit le professeur, la voix du dialogue est la meilleure stratégie pour y répondre. Il offre une opportunité aux uns des autres, de faire des concessions au prix de la paix et finalement pour pouvoir sauvegarder ses propres intérêts.
Pour ce conférencier, les fruits du dialogue sont entre autres, l’empathie, la valorisation d’autrui et la réduction des désaccords. Cependant, poursuit ce professeur d’université, le dialogue ne consacre pas l’impunité des crimes. “Vous avez des gens qui, par leur nature, sont avides du succès. Ces derniers préfèrent être les premiers parmi les bandits au lieu d’être les seconds parmi les gens normaux », souligne – t- il.
“Il y a des gens qui sont sentent gênés des progrès des autres et d’autres qui veulent s’enrichir à tout prix en marchant sur les cadavres des autres'”, regrette Ndayisaba. Dans ces cas, précise le professeur, tous les Etats et toutes les organisations prévoient toujours des sanctions contre les écarts de ce genre quand ça dépasse les capacités d’entente entre les gens.
Lors d’un dialogue, poursuit le professeur Ndayisaba, il faut éviter de tendre des pièges et d’user de la force en vue de résoudre un conflit. “La bonne voie de résoudre un différend est de ne pas exiger l’impossible, plutôt faire des concessions et définir clairement les intérêts en jeux”, poursuit l’ interlocuteur.
De cette conférence, les participants notent , quant à eux, les causes des conflits au Burundi. Ils mettent en exergue l’impunité, le manque d’indépendance judiciaire et les divergences dans la lecture du passé comme principales causes de conflits presque cycliques au Burundi.
{{Difficultés d’avoir une même des faits}}
A ce propos, l’abbé Célestin Simbanduku, professeur au grand séminaire de Gitega dont son exposé se focalise sur ”le pouvoir du pardon”, ”il n’est pas facile que des gens aient la même vision du passé vue que chacun à sa propre histoire”, renchérit-il. Cependant, indique cet homme de l’Eglise, la commission vérité et réconciliation (CVR) pourra aider les Burundais à arrondir les angles de leurs points de vue par la collecte de toutes les vérités individuelles, les analyses, recherches et la compilation de toutes les informations éclairant le passé sombre du Burundi. “Il ne sera pas possible d’avoir une lecture commune des événements . Même à l’église catholique, il existe quatre versions différentes du nouveau testament sur le même personnage qui est le Christ”, a martelé enfin ce consacré.




