
Le ministre de l’intérieur vient d’annoncer qu’il est encore tôt pour les acteurs politiques de se rendre sur terrain pour rencontrer leurs membres. Cette annonce intervient moins de 48 heures après qu’un code de conduite pour les élections de 2015 ait été signé.
Edouard Nduwimana, ministre de l’intérieur, avait bien précisé lundi dernier, lors de la signature de ce code de conduite ceux qui peuvent être considérés comme « acteurs politiques », concept nouveau selon la commission électorale nationale indépendante. Il s’agit notamment d’Agathon Rwasa des Fnl, Pascaline Kampayano de l’Upd et de Charles Nditije de l’Uprona.
Pourtant le Bureau des Nations Unis au Burundi, un des initiateurs de ce document, avait dans son communiqué rendu public mardi dernier, appelé les différentes parties prenantes à sensibiliser leurs membres, en particulier les jeunes, au respect des droits civils et politiques et à s’opposer à la violence comme mode d’expression politique.
« ….. Il y a les acteurs politiques qui ont signé le code de conduite parce que lorsque nous avons discuté pour organiser l’atelier qui a débouché sur l’adoption de la feuille de route, il a été convenu qu’on invite aussi ceux qui étaient candidats en 2010 pour qu’ils participent en tant qu’acteurs politiques mais retenez qu’au moment des élections ceux qui sont appelés acteurs politiques se transformeront soit en candidats indépendant, soit ils seront recrutés par les partis politiques, soit ils seront en coalition…. », a annoncé Edouard Nduwimana.
Selon Agathon Rwasa ces déclarations du ministre de l’intérieur prouvent bien que le gouvernement ne croit pas du tout au code de conduite qu’il a pourtant signé. Il dit que le ministre de l’intérieur ne devrait pas agir comme s’il ignorait que les élections ne se préparent pas pendant les 2 semaines de campagne.
« Je pense que le ministre de l’intérieur a tort de dire ainsi parce qu’à moins que la logique ne lui dit rien, nul ne peut prétendre préparer et participer à des élections dans 2 semaines car les élections se préparent. Aussi, on ne dit pas que le gouvernement s’engagera ; plutôt le gouvernement s’engage, c’est-à-dire que c’est maintenant que ces actions doivent commencer », ajoute Rwasa.
Il se demande pourquoi ce ministère veut bloquer toutes les autres formations politiques ainsi que les acteurs politiques et monopoliser le terrain pour le parti au pouvoir seulement.
« Nous avons le plein droit d’aller vers la population tant que nous n’enseignons pas le divisionnisme, tant que nous ne violons pas la sécurité des citoyens », estime Rwasa.
Agathon Rwasa fait savoir que cela signifie que le ministre s’est engagé à contre cœur au nom du gouvernement qu’il représente.
Puis indique-t-il qu’il s’agit d’un signe avant coureur que lui, son parti et son gouvernement ne sont pas prêt à laisser un champ libre pour que réellement l’on puisse prétendre à une élection libre, démocratique, équitable.
« Donc que les gens le comprennent, ils ne vont pas nous rendre la tache facile, et aux partis politiques et à quiconque veut entrer en compétition avec eux », a dit Rwasa.




