
Le professeur Salathiel Muntunutwiwe estime que la crise au parti Uprona (opposition) est beaucoup plus l’œuvre du gouvernement Pierre Nkurunziza que des membres de ce parti.
Dans une interview qu’il a accordée à la Radio Isanganrio ce mercredi sur la crise qui secoue le parti , le professeur Salathiel Muntunutwiwe a souligné que l’échec de la réunion du comité central du camp Nditije et la réussite des Etats Majors du parti Uprona du camps Concilie Nibigira la semaine écoulée signifie la poursuite du déroulement subjectif du processus de réunification des partis politiques voulu par Bujumbura.
De la part de Salathiel Muntunutwiwe, cette volonté du gouvernement est à analyser à partir de la versatilité du ministre de l’intérieur.
« Le ministre de l’intérieur dit aujourd’hui ceci, demain cela, il change de direction comme le vent » a souligné le politologue Salathiel Muntunutwiwe en faisant référence à l’interdiction de la réunion du comité central par le ministre de l’intérieur.
Selon lui, aussi longtemps que Bujumbura ne l’aura pas souhaité persistera la crise au sein du parti Uprona.
Pour sa survie politique à la satisfaction de ces membres, ce politologue estime qu’il serait mieux que ce parti continue à engager une pression politique contre Bujumbura et qu’il fasse appel au soutien de la communauté internationale jusqu’ici inefficace pour la gestion du pouvoir de façon inclusive.
« Le pouvoir de Bujumbura n’a pas peur du tout du regard et des critiques de la communauté internationale. A cause de l’inefficacité de la communauté internationale, il use d’un forcing dans la gestion du pouvoir » a-t-il indiqué.
« Le code électoral, la feuille de route et bien d’autres sont des preuves qu’une pression d’ordre économique de la communauté internationale contre Bujumbura peut encore jouer positivement sur l’issue des élections prévue en 2015 », a-t-il souligné.
Pour ce professeur d’universités, la persistance de la crise n’est pas seulement un avantage pour le parti au pouvoir mais un défi. L’Uprona est un partenaire politique incontournable pour le CNDD FDD au regard de son œuvre dans l’histoire politique de ce pays.
Selon lui, à première vue, l’on dirait que le parti ne connaitra pas de difficultés dans la gestion du pouvoir mais, l’absence de l’Uprona dans le partage du pouvoir occultera inéluctablement l’absence de la réconciliation.
« La fragilité de l’Uprona est beaucoup plus un piège qu’une force pour Bujumbura puisqu’elle risque d’ouvrir la porte à des alliances contre nature en politiques tellement dangereuses pour le parti au pouvoir » a ajouté Salathiel Muntunutwiwe.




