
« Je n’ai pas tellement de confiance envers l’issue de cette rencontre. Le ministre de l’intérieur et le porte-parole du CNDD FDD ont déjà dit qu’elle vise à faire reporter à plus tard le processus électoral », c’est le point de vue de Léonce Ngendakumana, le président de l’Alliance pour la Démocratie et le Changement Adc –Ikibiri ce jeudi au milieu de cette rencontre de deux jours pour l’évaluation des modalités pratiques pour la réouverture de l’enrôlement des électeurs.
La journée de jeudi avait été réservée aux considérations de la société civile et des partis politiques. Dans leurs pluralités, les deux parties ont rendu public les écarts par rapport à l’enrôlement qu’ils ont décelés.
Sans pour autant donner des chiffres, les partis politiques regroupés au sein du Rassemblement National pour le Changement et de l’Alliance des Démocrates pour le Changement sont revenus sur la distribution de la carte nationale d’identité, CNI par et pour les membres du CNDD-FDD vaille que vaille. Pour Ranac et l’Adc, la manière dont la CNI a été distribuée risque de constituer la boite de pandore pour les élections de 2015 au Burundi.
Les registres d’enrôlement des électeurs ont aussi été conservés dans des endroits qui ne sont pas surs que plus d’un s’interrogeraient aussi sur la fiabilité des élections. « On ne sait pas que dans les ménages d’autres personnes ne se sont pas fait enrôler en toute quiétude en violation de la loi » a souligné Léonce Ngendakumana.
{{Espoir mitigé }}
Alors que le professeur Evariste Ngayimpenda estime qu’une population électrice estimée à 4.200.000 pour 2015 ne coïncide pas avec la croissance démographique du Burundi, la société civile va encore plus loin en donnant plutôt des pistes de solution.
« La seule possibilité pour que les fraudes électorales soient au moins réduites est de mettre en place un système de jeton de type biométrique » a précisé Justine Nkurunziza , la présidente de la Coalition de la Société Civile pour le Monitoring Electoral . Selon Léonce Ngendakumana et Justine Nkurunziza , le gouvernement devrait louer dans d’autres pays ce matériel ou à défaut s’en acheter en sa faisant aider par les pays partenaires au développement .
La réaction du CNDD – FDD est plutôt sans équivoques. Pour Onésime Nduwimana, le porte- Parole du parti au pouvoir, la proposition est certes salutaire mais irréalisable au regard de l’échéance électoral en cours. « Même dans plus de 2 ans l’opération d’enrôlement de type biométrique ne prendrait jamais fin », a souligné Onésime Nduwimana .
Pour le moment, l’opposition politique et la société civile souhaitent refaire l’enrôlement ou procéder par l’enrôlement de type biométrique . La Commission Electorale Nationale Indépendante et le Gouvernement sont loin de converger avec ces parties autour de cette dynamique.
Et demain, voilà 2015. Des élections à rebondissements en tous cas.




