Bruxelles abrite des consultations cruciales pour Bujumbura

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    Il s’est ouvert à Bruxelles ce mardi 8 décembre 2015 des consultations pour parler de l’avenir de la coopération entre l’Union européenne et le Burundi. L’article 96 de l’accord de Cotonou est parmi les sujets qui seront abordés dans ces assises. Au menu se trouvent également la réouverture des médias privées, la sécurité pour les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme, une justice équitable, et d’enquêtes sérieuses sur les allégations de torture et/ou d’exécution extrajudiciaire, la reprise d’un dialogue inclusif sous médiation internationale et la mise en place d’un plan de sortie de crise. Sur le volet sécuritaire, l’UE demande la poursuite du désarmement en présence d’observateurs. Le désarmement de toutes les forces autres qu’issues la police et l’armée.

    Sur tous ces points, Bujumbura, qui a eu plusieurs semaines pour se préparer, doit donc présenter à l’Union européenne des propositions de solutions. Ensuite deux issues possibles: soit les deux parties s’entendent et établissent une feuille de route dont l’application pourra être évaluée régulièrement, soit il n’y a pas d’accord possible et l’UE s’oriente vers des sanctions qui peuvent aller de la suspension de quelques programmes à une rupture totale de coopération. Dans cette hypothèse, une résolution pourrait être soumise au Conseil de l’UE au cours du mois de janvier.

    Les consultations sont conduites du côté de l’union européenne par le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, et le commissaire européen au développement, Neven Mimica. Du côté burundais, c’est le chef de la diplomatie Alain Willy Nyamitwe qui conduit la délégation composée de dix-huit personnes.

    L’Union européenne attend en tout cas des gages de bonne volonté en précisant que ce n’est pas une ouverture d’une négociation. Mais ces dernières semaines, Bujumbura, sous pression, n’a pas infléchi sa ligne pour autant.

    Le chef de la diplomatie burundaise a indiqué avant la réunion qu’ils ne sont pas allés au tribunal mais plutôt pour rencontrer et discuter avec des partenaires. Après avoir traîné des pieds, Bujumbura semble prendre la procédure au sérieux. En témoigne l’ampleur de la délégation présente à Bruxelles, six ministres et une vingtaine de personnes au total. En somme Bujumbura ne va pas seulement pour donner des gages, mais compte bien également faire entendre ses arguments.

    A noter que l’enjeu est de taille car l’aide européenne représente environ 20% du budget de l’Etat burundais.

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